12. octobre 2017

FEBELCEM : « Betonstop »… Une aubaine pour le secteur du béton

Quand le gouvernement flamand créa son plan pour une meilleure gestion de l’espace en Flandre, de nombreuses personnes résumèrent la politique proposée par le mot « betonstop ». Dans le même temps, la Région wallonne entend également limiter progressivement l’étalement urbain.

Ces propositions, très louables, vont conduire à un retour des populations vers les villes qui devront s’adapter et évoluer avec cette démographie revivifiée. De nouvelles infrastructures, des constructions neuves comme des rénovations vont donc immanquablement fleurir…

Porter une réflexion sur le bâti

La volonté politique de réduire les surfaces à bâtir et les réalités sociétales du terrain, dont notamment la pression démographique, semblent contradictoires. Il faudra donc que le secteur de la construction, et le secteur du béton en particulier, portent une réflexion pertinente sur l’avenir. Un avenir qui s’annonce bien, puisque, selon les plus récentes estimations d’EUROCONSTRUCT, les perspectives du marché belge de la construction en termes d'investissements restent globalement positives pour 2018 et 2019. Il faut souligner toutefois que le marché résidentiel a basculé en Europe en 2008, en s’ouvrant toujours plus à la rénovation. Les défis du secteur sont donc nombreux !

Pour répondre aux enjeux de demain, il faudra densifier le bâti existant au sein des villes, construire en hauteur ou en souterrain, favoriser la mixité des fonctions des bâtiments et améliorer la mobilité au sens large (transports multimodaux). Pour tout cela, le secteur aura de nombreuses solutions à proposer et les atouts du béton plaident pour lui. Produit localement, le béton dispose de performances énergétiques remarquables (grâce à son inertie thermique, il peut économiser jusqu’à 30% des besoins en chauffage), mais il est aussi renommé pour sa durabilité, sa robustesse, son caractère ininflammable, etc. Blocs en béton, panneaux préfabriqués, murs ou sols coulés en place, hourdis …, en construction neuve comme en rénovation, chaque application trouvera ainsi sa solution béton adaptée !

Mais où vont donc le ciment et le béton ?

Pour affiner la compréhension de son marché, l’industrie cimentière a commandé une étude à l’agence de marketing « Essencia ». Il en ressort, par exemple, que les sols en béton coulés en place ou préfabriqués restent le débouché le plus important pour le secteur dans le domaine du résidentiel neuf. L’analyse révèle quand même une évolution à ce propos : les hourdis reculent au profit des prédalles en béton. En effet, les architectes préfèrent ces prédalles plus fines et donc plus légères, qui se prêtent mieux à la fabrication robotisée ainsi qu’à la construction des immeubles en hauteur.

Les murs en béton constituent un autre débouché important. À ce titre, on constate une croissance nette des murs préfabriqués, au détriment du béton coulé en place ou de la maçonnerie en blocs béton.

Enfin, l’étude constate aussi une croissance dans l’utilisation de tuiles en béton pour les toitures, toujours dans le secteur résidentiel. En effet, les promoteurs les utilisent volontiers car elles ont un effet favorable sur le coût total de la construction.

Dans le futur, il s’agira certainement de ne pas négliger le marché de la rénovation, qui s’est déjà développé en 2016 (le nombre d’interventions par propriétaires et par an est passé de 2,47 en 2015 à 2,54 en 2016). Même si les volumes sont moindres que dans le résidentiel neuf, et même si la part des produits en béton utilisés est plus faible, le nombre de projets est beaucoup plus grand. La tendance est lourde et semblable pour toute l’Europe : le marché de la rénovation, avec toutes ses spécificités, est devenu aujourd’hui plus important que le marché du résidentiel neuf.

Il faut dire que les propriétaires ont de multiples raisons pour rénover leurs biens et que cela ne cesse jamais. Après enquête sur 1.000 propriétaires, ils citent dans l’ordre : l’augmentation de leur confort (50%), la modernisation de leur bien (46%) et les économies d’énergie (37%), avant même l’urgence de certaines réparations (34%).

En matière de rénovation, les produits en béton sont surtout sollicités pour les façades (blocs béton 4%), les murs intérieurs (blocs béton 5%), les toitures en pente (tuiles béton 6%) et les extensions structurelles (blocs béton 14%).

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    André Jasienski
    Directeur de FEBELCEM
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